Note réalisée en collaboration avec la société de gestion WiseAM

Devant les évolutions récentes de la crise sanitaire et économique liée à l’épidémie de coronavirus, nous avons décidé d’essayer d’apporter des informations régulières tant sur l’économie que sur les actions réalisées dans les portefeuilles. Ainsi, nous publierons chaque jour un Flash rapide et succinct des faits principaux de la veille et des opérations réalisées par notre société de gestion.

FLASH QUOTIDIEN #37 – 12 mai 2020

L’IMPACT DES POLITIQUES MONETAIRES SUR LES DIFFERENTES CLASSES D’ACTIFS

Après une période historique de volatilité sur les marchés, les principaux indices semblent avoir retrouvé une forme de stabilité dans un contexte économique pourtant toujours bien incertain. Une stabilité qui peut surprendre au premier abord…mais qui s’explique par une forme d’équilibre trouvé entre le choc économique d’une part et l’ampleur des mesures de soutien déployées d’autre part. L’analyse de Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, est en ce sens intéressante à partager, afin de mesurer l’impact potentiel de ces afflux de liquidités (présents et futurs) sur les différentes classes d’actifs. La mesure des différentes dynamiques sectorielles témoigne de la nécessité de se montrer sélectif dans les investissements futurs.

Dans une seconde vidéo, Patrick Artus se pose la question de la hausse du poids de la dette publique dans les pays qui font tant d’efforts pour soutenir leur économie. Son constat est pour le moins surprenant : ces dettes n’auront pas besoin d’être remboursées ! Voici quelques éléments d’explications tirés de cette interview très instructive :

–          Les mesures de soutien de l’Etat français pourraient par exemple faire grimper le niveau de la dette publique à 115% du PIB…

–          … mais cette dette pourrait ne jamais être remboursée : elles seront monétisées par les Banques centrales (la BCE dans le cas de la France) par le biais de création monétaire.

–          Ces dettes seraient ainsi détenues par les Banques centrales dans leur bilan en contrepartie de création monétaire (P. Artus parle d’une augmentation de 70% du stock de monnaie dans le monde en 2020 du fait de l’action des Banques centrales).

–          Elles seraient renouvelées à leur échéance, et donc pas remboursées par les Etats qui les ont contractées, tant qu’elles seront détenues dans le bilan des Banques centrales.

–          Cette création monétaire risque cependant de créer de l’inflation, en particulier sur les actifs financiers ou l’immobilier là où ces pratiques créaient déjà une inflation généralisée auparavant.

–          Enfin, la question de la réduction de la taille du bilan des Banques centrales devra se poser à plus long terme, l’exemple de la réduction de bilan entamée par la Federal Reserve aux Etats-Unis en 2018 ayant contribué à provoquer une forte baisse des marchés financiers. L’économiste de Natixis pense que les Banques centrales de procéderont pas de la même façon à l’avenir et s’efforceront de trouver des solutions viables.

 

L’EMPIRE DU MILIEU POURSUIT SON REDEMARRAGE

A l’heure où l’activité redémarre petit à petit, l’inflation reste un sujet central en Chine. Ainsi, les autorités chinoises ont été rassurées par les dernières données (3,3% d’inflation en glissement annuel en avril, contre 4,3% en mars). Nombre d’économistes soulignaient que la volonté de maîtriser la trajectoire des prix limitait de facto l’action budgétaire du PCC. Le scenario redouté d’une envolée des prix qui aurait pénalisé le pouvoir d’achat des ménages semblant s’éloigner, il semblerait que de nouvelles mesures de soutien soient envisagées. Alors que les précédentes mesures ont d’ores et déjà permis de relancer le cycle du crédit (+5,5% en avril), le pays dispose désormais d’une marge de manœuvre monétaire appréciable.

 

UN PLAN DE GRANDE AMPLEUR POUR SOUTENIR LE TOURISME EN FRANCE

Parmi les nombreux secteurs d’activité touchés par la crise sanitaire actuelle, celui du tourisme (7,4% du PIB en 2018) reste à ce jour le plus meurtri. A l’heure où le déconfinement commence sur le territoire national, hôtels, restaurants et transports continuent de voire leur activité réduite, voire totalement stoppée. Face à cette situation, les autorités réfléchissent à la mise en place d’un « grand Plan Marshall » doté de 1,3 milliards d’euros pour venir en aide au secteur. Contrairement à d’autres, celui-ci ne se ferait pas sous la forme de prêts garantis mais bien d’investissements directs en provenance de Bpifrance, mais qui seraient tout de même assujettis à des critères environnementaux et digitaux afin de préparer les transitions de demain.

 

LE POINT COVID-19 DU JOUR

La progression mondiale du Coronavirus semble continuer sa stabilisation. Certains pays ayant entamé un déconfinement voient en revanche certains foyers réapparaître et prennent de nouvelles mesures visant à protéger leurs populations. Si ces règles ne sont pas aussi restrictives que celles appliquées lors du confinement, elles mettent en évidence le risque que continue de faire planer le Covid-19. Comme nous l’évoquions la semaine dernière, la Russie a vu le nombre de foyers de contamination augmenter fortement et est devenue le deuxième pays comptant le plus de cas déclarés au monde derrière les Etats-Unis, détrônant ainsi l’Espagne. Les autorités du pays attribuent cette augmentation à leur programme de dépistage, et ont à ce titre entamé ce jour le déconfinement de leur population.

 

Principaux indices

 

Les taux à 10 ans français restent en dessous de zéro :

 

Les taux d’emprunt de l’Etat Italien sont aux alentours de 2.0% et le Spread (écart de cours) avec le taux allemand est de 2.5%.

 

La volatilité (risque) continue de baisser :

 

Après une phase de rebond, l’indice de la bourse Européenne « patine » :

 

*Performance calculée sur les cours du 12/05/2020 à 17h30 heure française.

 

Revue de presse