Les patrons de presse veulent proposer une taxe sur les fournisseurs d’accès Internet
Les deux principaux syndicats de la presse quotidienne souhaitent proposer aux candidats à l'élection présidentielle l'instauration d'une nouvelle imposition sur l'ensemble des acteurs du numérique, afin de financer leur développement.
Les syndicats de la presse quotidienne nationale (SPQN) et régionale (SPQR) ont ainsi soumis l'idée d'une nouvelle taxe sur les abonnements à Internet et les supports (tablettes, smartphones et PC) pour financier l'activité de la presse. Ils estiment en effet que la presse en ligne est l'un des principaux moteurs de croissance pour l'économie numérique. « Depuis dix ans, les journaux ont fait des investissements massifs dans le numérique pour gagner la bataille de l'audience sur Internet. Ils ont largement contribué à l'essor de l'économie numérique alors que, dans le même temps, la création de valeur a profité quasiment exclusivement aux acteurs technologiques », a expliqué Marc Feuillée, président du SPQN au journal Le Figaro.
Les syndicats considèrent que cette redistribution serait une compensation juste de l'apport des médias au développement de la toile. « Un tel mécanisme existe pour l'audiovisuel, le cinéma ou la musique. En tant que créateur de contenus, il serait légitime pour la presse d'en bénéficier » a estimé Denis Bouchez, le directeur du SPQN dans le quotidien économique Les Echos. Selon les calculs du SPQN, ces recettes pourraient représenter entre 140 et 150 millions d'euros par an.
Pourtant cette proposition est loin de faire l'unanimité. En plus de convaincre les internautes et autre fournisseurs d'accès d'accepter de payer davantage, il apparait difficile d'évaluer l'apport direct de la presse en ligne au développement du secteur. Au sein même de la profession, ces recommandations ne convainquent pas, en particulier les pure players du web, qui ne seraient pas forcément les premiers bénéficiaires de cette taxe si ses recettes étaient distribuées en fonction de l'audience.
Les deux syndicats de la presse demandent également que la presse en ligne soit soumise au même taux réduit de de TVA à 2,1% que la presse papier.
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